En cas d'odeur de gaz : n'actionnez aucun interrupteur ni appareil électrique, ne cherchez pas la fuite avec une flamme, ouvrez les fenêtres, fermez le robinet d'arrivée de gaz, évacuez les lieux, puis appelez depuis l'extérieur l'Urgence Sécurité Gaz au 0 800 47 33 33 (gratuit, 24 h/24) ou les pompiers au 18 ou 112. N'appelez pas votre plombier en premier : appelez le service d'urgence, il intervient sur le réseau et sécurise l'installation.
Odeur de gaz : les gestes dans l'ordre
Le gaz naturel est inodore. L'odeur d'œuf pourri que vous sentez est un odorant ajouté volontairement pour rendre les fuites détectables. Si vous la sentez, il y a une fuite — vous ne l'imaginez pas.
- Ne touchez à rien d'électrique. Pas d'interrupteur, pas de prise, pas de sonnette, pas de volet roulant, pas d'ascenseur. Une étincelle suffit.
- Ouvrez les fenêtres et les portes en grand pour ventiler, si vous pouvez le faire sans risque.
- Fermez le robinet d'arrivée de gaz (au compteur, ou avant l'appareil), s'il est accessible sans danger.
- Éteignez toute flamme : cuisinière, bougie, cigarette.
- Évacuez le logement, et prévenez les voisins en frappant aux portes — pas en sonnant.
- Une fois dehors et à distance, appelez l'Urgence Sécurité Gaz au 0 800 47 33 33 (numéro vert gratuit, 24 h/24) ou les pompiers au 18, ou le 112.
- Ne rentrez pas tant que les secours ne vous y autorisent pas.
Un téléphone portable est un appareil électrique. On ne l'utilise pas dans un local où l'on sent le gaz — on sort d'abord, on appelle ensuite. Et on appelle le service d'urgence avant son plombier : lui seul intervient sur le réseau et peut sécuriser l'installation immédiatement.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
- Chercher la fuite avec une flamme. Cela paraît évident écrit ici, beaucoup moins dans la panique.
- Allumer la lumière pour y voir plus clair. C'est le réflexe le plus dangereux, et le plus naturel.
- Attendre de voir si ça passe. Une fuite ne se résorbe pas.
- Rouvrir le gaz soi-même après une coupure de sécurité, sans qu'un professionnel ait contrôlé l'installation.
- Boucher une aération parce qu'elle fait des courants d'air. Les grilles de ventilation basse et haute sont des organes de sécurité, pas des défauts d'isolation.
Le monoxyde de carbone, le danger silencieux
Le monoxyde de carbone (CO) est un tout autre risque, et bien plus insidieux : il est incolore, inodore, non irritant. Aucun signal ne prévient. Il provient d'une combustion incomplète — chaudière mal réglée, conduit obstrué, appareil de chauffage d'appoint utilisé en local fermé, ventilation bouchée.
Les signes d'une intoxication, souvent confondus avec une grippe ou une intoxication alimentaire :
- maux de tête, nausées, vomissements ;
- fatigue inhabituelle, vertiges, confusion ;
- et surtout : plusieurs personnes du foyer touchées en même temps, ou des symptômes qui disparaissent quand on sort et reviennent quand on rentre. Un animal domestique atteint est aussi un signal.
Que faire : aérer immédiatement, arrêter les appareils à combustion, évacuer, et appeler le 15 ou le 112. Ne réintégrez pas le logement avant l'intervention d'un professionnel.
Un détecteur de monoxyde de carbone coûte quelques dizaines d'euros. Contrairement au détecteur de fumée, il n'est pas obligatoire dans le logement — c'est pourtant l'un des meilleurs rapports sécurité/prix qui existent dès qu'il y a un appareil à combustion.
Ce qui évite d'en arriver là
- L'entretien annuel de la chaudière, qui est une obligation légale et pendant lequel le taux de monoxyde de carbone est mesuré. C'est le contrôle de sécurité le plus important de l'année. Voir notre article sur l'entretien de chaudière.
- Le ramonage du conduit, distinct de l'entretien de la chaudière, avec ses propres obligations.
- Des grilles de ventilation dégagées, jamais obstruées ni bouchées.
- Le remplacement des tuyaux souples de raccordement à leur date de péremption — elle est imprimée dessus, et tout le monde l'oublie.
- Aucun chauffage d'appoint à combustion utilisé en continu dans une pièce fermée. Ces appareils sont conçus pour un usage temporaire et ventilé.
- Un détecteur de CO dans la pièce où se trouve l'appareil à combustion, et près des chambres.
Et après ?
Une fois l'urgence traitée par les secours, l'installation reste consignée tant qu'un professionnel n'a pas identifié et réparé l'origine du problème. C'est à ce moment-là que nous intervenons : contrôle de l'installation, recherche de la cause, réparation ou remplacement de l'élément défectueux, remise en service.
Un mot de franchise pour finir : sur ce sujet précis, l'improvisation n'a aucune place. Si vous avez un doute — une odeur intermittente, des maux de tête récurrents en hiver, une flamme qui a changé de couleur — faites contrôler l'installation. Une visite coûte infiniment moins cher que ce que ce doute peut vous coûter.
Pour un contrôle ou un dépannage sur Villeneuve-lès-Avignon, Avignon et le Grand Avignon : 06 46 37 29 77, ou notre page dépannage et urgence.